Du rififi dans les dressings

Il est impératif de changer nos modes consommation, surtout dans nos placards (La mode est le 2ème plus gros pollueur), afin d’améliorer notre impact environnemental. Nous devons consommer moins, mieux et plus responsable. Simple sur le papier, mais plus difficile de raisonner nos chères pulsions, dopées par quelques astuces marketing pour stimuler nos appétits.

Des achats sous influences

La période des soldes vient de s’achever. N’avez-vous pas vécu ce type de situation ?

L’histoire commence ainsi : vous déambulez tranquillement dans une zone commerçante de votre centre-ville préféré ou dans un centre commercial, vous êtes entré dans un magasin complètement par hasard. Tout à coup, vous tournez la tête et vous apercevez un splendide manteau affiché à -70%. Oui, vous avez bien vu – 70%. Quelle S.P.L.E.N.D.I.D.E affaire !

La raison vous conseille de vous poser la question « en ai-je vraiment besoin ? ». Mais devant une affaire aussi belle, les soldes qui se terminent bientôt… Au placard la raison ! Vous préférez évaluer la situation autrement :

  1. vous désirez plus que tout ce manteau.
  2. vous n’en avez pas besoin, ce sera juste au cas.
  3. le prix est SI attractif grâce à cette énorme remise.

Résultat : vous craquez. Vous achetez. Ainsi commence l’histoire du superflu qui encombre vos armoires.

Vous avez céder à une pulsion. En marketing, ce mécanisme est appelé une « impulsion ». L’objectif est de jouer sur les émotions et la présentation.

1/ Le jeu des émotions

C’est exactement comme dans l’exemple. Le stress engendré par la croyance de passer à côté d’une si bonne affaire a complétement fait bugger le système de la logique de votre circuit de la prise de décision.

L’objectif était de vous pousser à prendre des décisions sans tenir compte de toutes les informations pertinentes, afin d’empêcher votre cerveau de réagir rationnellement.

Pour cela, il suffit d’activer certains biais cognitifs dits « primaires » très simples :

  • Le biais de confirmation (que vous faites le bon choix en cédant). Il a tendance à prendre en considération les informations qui confirment les croyances et à ignorer celles rationnelles. Autrement dit, vous croyez ce que vous voulez croire.
  • Le biais d’ancrage ou la difficulté de se défaire de sa première impression. La boucle est bouclée puisque vous en êtes persuadé.

 

2/ Tout est une question de présentation

La création du sentiment d’urgence en donnant une période très courte d’achat très courte ou avec un stock si petit que vous stressez à l’idée de manquer cette si belle affaire.

Si le prix se termine par 9, vous êtes dans le coin du prix acceptable. C’est parfait, vous cédez joyeusement.

Comment inverser la tendance ?

Il existe une approche mémotechnique pour apprendre à consommer en conscience et non sous impulsion. Elle a été inventée par Marie Duboin Lefèvre et Herveline Verdeken, créatrices du groupe facebook « gestion budgétaire entraide et minimalisme », et autrices du livre « J’arrête de surconsommer! – 21 jours pour sauver la planète et mon compte en banque ». Dans cet ouvrage, vous découvrirez la fameuse méthode BISOU qui se décline en 5 questions :

  •  B comme BESOIN : À quel besoin cet achat répond-il ?
  •  I comme IMMEDIAT : Puis-je attendre quelques jours avant de me décider ?
  •  S comme SEMBLABLE : Ai-je déjà un objet qui a cette utilité ?
  •  O comme ORIGINE : Quel est l’origine de ce produit ?
  •  U comme UTILE : Cet objet va-t-il m’apporter un confort primordial ?

Pour aller plus loin dans la compréhension :

Besoin – à ne pas confondre avec « Est-ce que j’en ai besoin ? », mais correspondant plus à la question « Quel est MON besoin caché derrière l’achat de cet objet ? ».

Finalement, B comme besoins psychologiques :

  • Besoin de réconfort, avec ce produit je me sentirai plus …
  • Besoin d’augmenter son estime, de prouver.

Soyons réalistes, la probabilité qu’un achat, qu’un objet, comble un besoin psychologique est proche du néant. Vous ne trouvez pas ?

Immédiat – l’effet immédiateté, le premier allié de l’achat compulsif. Principes précédemment évoqués.

Semblable – Les prémices d’une approche minimaliste, qui nous apprennent à préférer des objets polyvalents. Pour vous accompagner et vous aider dans ce changement, n’hésitez pas à utiliser ces deux questions :

  • Est-ce que j’ai quelque chose de semblable qui pourrait faire l’affaire ?
  • Est-ce que je pourrais l’emprunter ou le louer ?

Origine Afin de poursuivre et d’affirmer votre changement pour une démarche plus responsable. Apprenez à vous intéresser aux ressources utilisées pour la fabrication de l’objet ou du vêtement, ainsi que le respect des conditions de travail.

Utile – Point final et point déterminant, qui réside dans l’usage envisagé de l’élément convoité. Concrètement, il devra satisfaire un besoin, représenter un avantage, être source d’amélioration.

L’intérêt et dans son utilisation

Bien entendu, il ne s’agit pas d’utiliser cette méthode BISOU pour les petits achats quotidiens. Mais pour les achats qui font monter en nous un sentiment de malaise, de culpabilité.  Alors que nous savons que nous avons été influencés et perdus toutes nos capacités d’analyses par la stimulation de nos biais cognitifs primaires.

Une brève satisfaction satisfaits, fort de nos croyance, finalement un système de valorisation biaisé.

A ce sujet, connaissez-vous l’effet Diderot ?

Tout commence lorsqu’il souhaite changer l’intégralité de ses meubles, parce qu’ils n’étaient pas assorti à la robe de chambre élégante qu’on lui avait offert. Si bien, qu’il a terminé ruiné.

Conséquence désastreuse, mais réelle a bien des niveaux.

Alors qu’il serait si simple de commencer par ouvrir en grand nos placards, nos tiroirs et de faire le point sur ce que l’on a. Il existe mille et une astuces pour créer votre dressing à votre style et je ne parle pas uniquement de votre look.

En avant tri et avant de céder à la tentation, consommons moins, mais mieux. Pensons BISOU. Si l’occasion se présente, faisons de vrais bisous. C’est bon pour la santé ! Exit le superflu.

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